STAN SMITH, nouvelle pute du bitûme marseillais

Si 2014 est l’année « Pharrell Williams » pour tous les mag’ de la planète – excepté en Corée du Nord où l’ami Kim garde la Une de Vogue et GQ – elle est aussi l’année du retour en fanfare de la « Stan Smith », fer de lance de la marque aux 3 bandes – même si tu me feras remarquer qu’il n’y pas de bandes sur cette dernière.

Tu finiras même pas soulever que le lien avec Pharrell n’est pas anodin. Exact, celui-ci s’est vu octroyer le « privilège » de customiser quelques « Stan » pour Colette – cette dernière, les jambes écartées sur Wikipédia, n’a cependant pas communiqué sur une éventuelle collaboration pour les chapeaux.

La Stan Smith, en chiffre, c’est 70 millions d’exemplaires vendus depuis 1963, date de sa première fabrication à Landersheim, en France – que le premier chômeur qui croise Montebourg au Pôle Emploi le rassure, elles sont aujourd’hui produites… en Inde, soit 140 millions de chaussures, 70 millions de Stan gauche, et tout autant de Stan Droite. Elle se fera même une place dans les annales, s’inscrivant comme la chaussure de sportwear la plus vendue dans le monde.

Apparu sous le nom d’Adidas Robert Haillet, tennisman français #1 de l’époque, elle est rebaptisée quelques années plus tard « Stan Smith », après qu’Adidas ait signé un contrat avec la dernière révélation du sport à raquette – bien vu d’un point marketing, aujourd’hui encore, c’est Sam Smith qui caracole en haut des charts, pas Roberto Alagna.

Et parce qu’une vie est faite de hauts et de bas, la Stan Smith connaitra sa période rouge, avec l’arrêt de production de 2011 à fin 2013. « La Stan Smith n’est un mythe qu’en France » se justifiera Adidas.

De retour en 2014 après une communication rondement menée, le minimalisme de la Stan Smith rend la paire intemporelle, et indémodable. Jouant sur deux tableaux sportswear et casual, la Stan Smith se fait enfiler pour 90€ aussi bien chez Decathlon que chez Corezone.

La tentation est trop forte, la menace de la rupture de stock trop pesante, puis tu te dis qu’avec un jean retroussé, un chino, un short, une jupe, beh c’est vrai que çà claque. Même ce gars de 40 piges l’a compris, avec sa barbe de 3 jours et son blazer theKooples. Puis tu croises ce vieux, tenant fièrement sa baguette encore tout chaude à la main, son pantalon souple en toile beige, et ses Stan Smith…

La Stan Smith est infatigable, faisant les 100 pas sur nos trottoirs, ou quelques passes dans un ballon, traversant les décennies tout en préservant cette étiquette au cul. La Stan Smith attire la convoitise, fantasme de la shop-addict, elle véhicule à jamais cette relation particulière avec le client, ne se lassant de l’enlacer…

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